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Appareil auditif : 12 questions, les réponses d'un audioprothésiste

Le 29 septembre 2026, Super-zen, qui accompagne les seniors dans leur quotidien numérique, a invité Julien Croc, audioprothésiste et cofondateur d’Unisson, pour un webinaire d’une heure consacré aux appareils auditifs. Pendant deux semaines, les membres de la communauté Super-zen avaient envoyé leurs questions : comment savoir si l’on entend moins bien, qui consulter, à quoi s’attendre les premiers jours avec un appareil, comment choisir entre deux gammes.

Cet article reprend les réponses les plus utiles de ce webinaire, sans jargon, pour celles et ceux qui se posent ces questions pour eux-mêmes ou pour un proche. Le replay complet est disponible ci-dessus.

En résumé, ce qu’il faut retenir

      • Délai moyen avant de s’équiper : environ 7 ans en France entre les premiers signes et l’appareillage, selon Julien Croc
      • Premiers signes : faire répéter, monter le volume de la télévision, ne plus entendre les bips du quotidien
      • Parcours : dépistage gratuit chez l’audioprothésiste, diagnostic et prescription chez l’ORL, puis essai d’un mois avant toute décision
  • Adaptation : quelques jours pour l’objet, trois à six mois pour que le cerveau réapprenne à comprendre
  • Gamme : le haut de gamme sert d’abord dans le bruit (restaurant, repas de famille), pas pour la discrétion

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Quels sont les premiers signes d'une perte auditive ?

Les premiers signes d’une perte auditive sont de faire répéter ses proches, de monter le volume de la télévision et de ne plus entendre certains sons aigus du quotidien : clignotant, bip de la plaque de cuisson ou du réfrigérateur. Ils s’installent si lentement qu’on les attribue d’abord aux autres, « qui n’articulent pas ».

Selon Julien Croc, il s’écoule en moyenne sept ans en France entre les premiers signes et l’appareillage, et jusqu’à neuf ans en Belgique. La raison tient à la nature même de la perte liée à l’âge, la presbyacousie, l’équivalent auditif de la presbytie. On ne perd pas la parole, on perd certaines fréquences, et le cerveau comble les trous grâce au contexte. Entre « château » et « chapeau », la phrase suffit à deviner le bon mot, même si le « t » et le « p » ne sont plus distingués. Pendant des années, tout semble normal.

C’est pour cela que, dans la grande majorité des cas, ce sont les proches qui remarquent en premier. Si quelqu’un vous dit « tu me fais répéter », ce n’est pas forcément une perte auditive, mais c’est une bonne raison de faire un test. Et si vous ne savez pas quand il faut s’appareiller, la réponse de Julien Croc est simple : plus tôt on corrige, plus l’adaptation est facile.

Un mot sur l’équilibre, puisque la question a été posée : la perte d’équilibre n’est pas un signe précoce fiable. L’audition et l’équilibre dépendent de deux organes voisins, la cochlée et le vestibule, qui peuvent se dérégler ensemble ou séparément.

Vrai ou faux : les idées reçues sur les appareils auditifs

Ambroise, l’animateur de Super-zen, avait rassemblé les affirmations les plus fréquentes de sa communauté et quelques « vérités » lues sur Internet. Julien Croc a tranché.

Les appareils auditifs sont-ils réservés aux plus de 80 ans ?

Non. La perte auditive n’a pas d’âge : dans les centres Unisson, les patients ont de 4 ans à plus de 100 ans. Certaines personnes entendent correctement à 80 ans, d’autres ont besoin d’un appareil à 40. La presbyacousie commence vers la quarantaine, de façon légère, puis s’accentue selon l’histoire de chacun. Et contrairement à d’autres organes, l’oreille interne ne se régénère pas.

Existe-t-il des appareils auditifs vraiment invisibles ?

Oui. Certains appareils auditifs invisibles se logent entièrement dans le conduit auditif ; d’autres, les micro-contours, s’assortissent à la couleur des cheveux. Tout dépend de l’anatomie du conduit, où il faut loger un micro, un haut-parleur, un amplificateur et une pile. Julien Croc, qui avoue regarder les oreilles de tout le monde par déformation professionnelle, précise qu’il est à peu près le seul à le faire.

Avec un appareil, tout est-il trop fort au restaurant ?

Les premiers jours, oui ; ensuite, non. Après plusieurs années sans entendre certaines fréquences, le cerveau s’est habitué à « sous-entendre ». Le jour où l’appareil les restitue, le contraste est fort et le cerveau ne parvient pas à tout trier. L’audioprothésiste commence donc par un réglage doux, puis remonte progressivement, comme une rééducation après une fracture.

« Entendre, c’est l’oreille. Comprendre, c’est le cerveau. » — Julien Croc, audioprothésiste et cofondateur d’Unisson

Peut-on connecter ses appareils auditifs à la télévision et au téléphone ?

Oui. Avec un smartphone, la liaison se fait directement en Bluetooth. Pour la télévision, un petit boîtier émetteur branché derrière l’écran envoie le son dans les deux appareils, avec la correction personnalisée. Contrairement à un casque TV, les micros restent actifs : on continue à parler avec la personne à côté. Jacqueline, membre du groupe, racontait que son mari peut ainsi lire tranquillement pendant qu’elle regarde la télévision, chacun à son volume.

Peut-on faire régler son appareil auditif à distance ?

Oui, pour les ajustements électroniques, et quelques rendez-vous peuvent se faire ainsi grâce au réglage à distance. Mais une gêne soudaine vient souvent d’un bouchon de cérumen ou d’une panne, qui demandent un passage au centre. Ambroise l’a souligné à ce moment-là : le contact humain compte dans cet accompagnement, et Julien Croc ne l’a pas contredit.

Une perte auditive légère augmente-t-elle le risque de chute ?

Statistiquement, oui. Une étude de l’université Johns Hopkins a mesuré un risque de chute environ trois fois plus élevé chez les personnes présentant une perte auditive légère (voir Sources). Julien Croc nuance : toute personne qui entend moins bien ne tombe pas, et le test de l’audition et celui de l’équilibre restent deux examens distincts.

Faut-il une ordonnance pour un appareil auditif ? Par où commencer

Il ne faut pas d’ordonnance pour faire dépister son audition chez un audioprothésiste, mais il en faut une, délivrée par un médecin ORL, pour obtenir un appareil auditif. Le parcours tient donc en trois rendez-vous : le dépistage, le diagnostic, puis le choix et l’essai de l’appareil.

C’est la question de Marie, membre du groupe Super-zen, qui a ouvert cette partie : quand on n’entend pas bien, comment savoir s’il faut s’appareiller ? Julien Croc a répondu sans détour.

« Au moindre doute, faites-vous dépister. C’est gratuit. » — Julien Croc

  1. Le dépistage chez l’audioprothésiste. Vous prenez rendez-vous directement, sans passer par votre médecin traitant. Un test tonal mesure les fréquences perçues ; un test vocal, dans le calme puis dans le bruit, mesure ce que vous comprenez. Les courbes obtenues indiquent s’il y a une perte et de quelle nature. Chez Unisson, ce bilan auditif est gratuit, en cabine insonorisée. Si le français n’est pas votre langue maternelle, dites-le : des tests sur syllabes sans signification existent.
  2. Le diagnostic chez l’ORL. Le dépistage n’est pas un diagnostic. Si une perte est détectée, vous êtes orienté vers un médecin oto-rhino-laryngologiste, qui en recherche la cause et rédige la prescription, indispensable pour l’appareillage et son remboursement. Si vous êtes déjà convaincu d’entendre moins bien, allez directement chez l’ORL : vous gagnez une étape.
  3. Le retour chez l’audioprothésiste. Avec la prescription, il vous conseille un appareil adapté à votre perte, votre anatomie et votre mode de vie, puis vous le prête pour un essai. L’appareil de votre voisin n’est pas forcément celui qu’il vous faut : deux pertes auditives sont rarement identiques.

Et les tests en pharmacie, en grande surface ou sur application ? L’idée est bonne, la réalisation l’est rarement. Détecter une perte auditive demande un matériel calibré et une pièce à l’acoustique contrôlée ; sans cela, le risque de faux positif ou de faux négatif est réel. Julien Croc les compare aux autotests Covid : utiles pour se poser la question, insuffisants pour conclure. Notre test auditif en ligne s’utilise dans le même esprit, comme un premier indicateur à confirmer en centre.

Combien de temps faut-il pour s'habituer à un appareil auditif ?

Quelques jours pour l’objet dans l’oreille, trois à six mois pour que le cerveau réapprenne à comprendre. C’est pourquoi l’audioprothésiste prête d’abord les appareils pendant environ un mois, avec un réglage qui monte par paliers, avant toute décision d’achat.

Chez Unisson, cet essai de 30 jours est gratuit et sans engagement. Le premier jour, les appareils sont réglés volontairement bas, pour une remise en route progressive. Vers dix ou quinze jours, un second rendez-vous permet de remonter le son et d’ajuster selon vos sensations. Vers un mois, vous décidez. Quand le conseil a été bien fait, l’appareil essayé convient dans la grande majorité des cas.

Pourquoi si long ? Parce que ce n’est pas l’oreille qui s’adapte, c’est le cerveau, privé depuis des années de sons qu’il doit réapprendre à traiter. Julien Croc utilise une image parlante : si vous n’aviez pas lu une seule ligne pendant trente ans, le jour où l’on vous tend un livre, il faudrait réapprendre à déchiffrer. Bruno, dans le chat du webinaire, résumait « nos oreilles doivent s’habituer » ; Julien a corrigé avec le sourire : les oreilles s’habituent en quelques heures, c’est le cerveau qui a besoin de temps.

Le suivi compte donc autant que l’appareil. Monique, appareillée, expliquait entendre correctement en tête-à-tête mais plus rien dans une discussion de groupe. Ce n’est pas une fatalité : c’est le signe qu’un réglage, ou parfois une gamme, doit être revu. Chez Unisson, les rendez-vous de réglage et d’entretien sont illimités pendant toute la durée de vie des appareils.

Entrée de gamme ou haut de gamme : lequel choisir ?

Le haut de gamme se justifie par les situations bruyantes, pas par la discrétion ni par la gravité de la perte. Un appareil d’entrée de gamme suffit en tête-à-tête dans le calme ; dès que les environnements se compliquent, repas de famille, restaurant, réunion, c’est la capacité à séparer la parole du bruit qui fait la différence.

Les participants ont beaucoup interrogé Julien Croc sur les tarifs et les remboursements, différents en France et en Belgique ; ces réponses sont dans le replay et sur nos pages prix des appareils auditifs et remboursement. Ce qui suit concerne le choix lui-même.

Critère Entrée de gamme Haut de gamme
Situations où il est à l’aise Tête-à-tête, calme, télévision Restaurant, groupe, réunion, rue
Traitement du bruit Standard Analyse de l’environnement
et séparation parole / bruit
Changement de réglage Manuel Automatique selon la situation
Finesse de réglage par l’audioprothésiste Limitée Étendue
Discrétion Indépendante de la gamme Indépendante de la gamme
Suivi inclus Oui Oui

Julien Croc a mis en garde contre deux raisonnements qui reviennent souvent en cabinet. Le premier : « je vis au calme, je n’ai pas besoin d’un haut de gamme ». Or si vous vivez au calme, votre gêne se manifeste précisément dans le bruit, là où l’entrée de gamme atteint ses limites. Le second : « ma perte est légère, un appareil simple suffira ». C’est l’inverse qui est vrai. Plus la perte est légère, plus la gêne se concentre dans le bruit, car dans le calme le cerveau compense encore très bien.

Un point que beaucoup ignorent : quand vous achetez un appareil auditif, vous achetez aussi plusieurs années d’accompagnement. Les rendez-vous de réglage, en général deux par an plus la période d’adaptation, le temps de l’audioprothésiste, l’entretien : tout est compris. Il n’y a pas de consultation à payer à chaque visite.

« On a voulu baisser les prix pour faire monter en gamme. C’était vraiment notre philosophie. » — Julien Croc

Jeune audioprothésiste, il voyait trop de patients choisir un appareil insuffisant faute de moyens. Unisson a été créé pour rendre la technologie haut de gamme accessible ; aujourd’hui, la grande majorité des patients Unisson en France s’équipent en haut de gamme. Pour comparer les technologies selon vos situations d’écoute, notre comparatif des appareils auditifs détaille chaque gamme, et le catalogue complet présente les modèles disponibles.

Que change un appareil auditif au quotidien ?

Au-delà du confort, un appareil auditif permet souvent de sortir d’un isolement qui s’était installé sans bruit. L’histoire que Julien Croc a racontée au milieu du webinaire, à la demande d’Ambroise, le dit mieux qu’une liste de bénéfices. Elle date de ses débuts, à 24 ans, dans le sud de la France.

Un homme d’environ 75 ans arrive au cabinet, poussé par son épouse, presque contre son gré. Il s’est replié sur lui-même, ne parle plus, ne sort plus. Les médecins soupçonnent un début de démence ; il suit un traitement antidépresseur et enchaîne les examens. Le dépistage révèle une perte auditive. Après le passage chez son médecin et l’appareillage, en trois à quatre mois il est complètement sorti de son repli : il a repris les concours de pétanque, retrouvé son amicale, recommencé à parler avec ses proches. Et il a pu arrêter ses traitements.

Julien Croc en tire une leçon simple : l’être humain est un animal de communication, et le principal sens de la communication, c’est l’audition. Quand on la perd, on s’isole, souvent sans le savoir, d’autant que le regard des autres n’aide pas. Quelqu’un qui voit mal, on l’aide. Quelqu’un qui entend mal, on lui répète une fois, on crie la deuxième, puis on s’agace. La personne finit par se taire.

Nous développons ces raisons dans notre dossier pourquoi porter un appareil auditif, et de façon plus pratique dans 7 raisons de franchir le pas de l’appareillage auditif.

Télécharger notre guide de l'appareillage auditif

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