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Le réglage à distance des appareils auditifs

Le réglage des appareils auditifs à distance, le futur de l’audioprothèse ?

Afin d’obtenir puis de maintenir des résultats efficaces, le porteur d’appareils auditifs doit consulter régulièrement son audioprothésiste. Avec le développement de nouvelles solutions permettant de régler les prothèses à distance, le nombre de visites à effectuer pourrait drastiquement diminuer. Même si cette technologie apporte son lot d’opportunités, elle présente des limites, tant sur le plan technique que sur le plan humain. Elle pose également une question déontologique à laquelle les audioprothésistes devront faire face.

Une solution à l’éloignement géographique et aux problèmes de mobilité

Le télé-réglage des appareils auditifs permet de répondre à une problématique de taille, l’absence d’audioprothésistes dans certaines régions ainsi que les difficultés de mobilité de certains patients, majoritairement âgés.

Le télé-réglage permet de rapprocher les patients de leur audioprothésiste en limitant les déplacements. Cela offre de nouvelles possibilités, notamment pour les personnes à mobilité réduite qui nécessitent une prise en charge à domicile.

Le manque d’audioprothésistes sur le territoire, poussant des patients à faire des kilomètres pour s’appareiller, pose problème. Le télé-réglage permet d’y répondre, du moins partiellement, tant que le numerus clausus en audioprothèse ne sera levé.

De nouvelles solutions voient le jour, le télé-réglage via webcam

Certaines entreprises comme audioproconnect.com, développent actuellement des solutions de réglage à distance à destination des audioprothésistes. Compatible avec une grande majorité de marques et modèles, la solution audioproconnect permet à un audioprothésiste de régler l’équipement d’un patient situé à des kilomètres (dans un centre éloigné ou dans une résidence sénior par exemple). Sur place un technicien spécialement formé effectue les branchements et les manipulations pendant que le diplômé donne ses consignes via une caméra. Les réglages sont transmis via internet comme si le patient était physiquement avec le diplômé.

Ce système permet à l’audioprothésiste de se « démultiplier », il ne se consacre qu’aux phases techniques et peut être rapidement disponible à plusieurs endroits successifs. Il limite ainsi ses déplacements et peut répondre à la demande de rendez-vous de nombreux patients.

Est-il possible de pouvoir entièrement déporter le service ? Cela ne sera malheureusement jamais le cas : d’une part il faut un technicien sur place pour les vérifications et les nettoyages, et d’autre part il faudra également prévoir des déplacements du diplômé pour les manipulations délicates (prises d’empreinte, ajustement des coques, des embouts, des fils écouteurs) ou du patient lui-même pour les mesures nécessitant des cabines isolées (audiogrammes au casque, tests d’efficacité prothétiques etc.).

Une solution plus légère, le télé-réglage via smartphone

C’est ce que proposent aujourd’hui certains fabricants, Siemens et GN Resound en tête. Véritables pionniers en matière d’innovation audiologique, ces deux marques intègrent à leurs nouveautés des fonctions permettant à l’audioprothésiste d’effectuer certains ajustements et mises à jour à distance, directement via le téléphone portable du patient. Connecté à Internet, il récupère les données d’adaptation sur un serveur à distance (« le cloud ») et les transmet ensuite aux aides auditives via bluetooth. En plus de l’adaptation, l’application mobile permet de garder le contact avec son audioprothésiste, pour demander conseils, aide et assistance.

Ces technologies apportent un double avantage, le premier étant de limiter les déplacements inutiles en laboratoire, pour des ajustements mineurs, mais aussi d’aller plus loin dans le suivi du patient et la relation client.

Les limites du télé-réglage : le réglage à distance ne doit pas remplacer l’audioprothésiste

Avec le télé-réglage, une question déontologique se pose. L’audioprothésiste devra-t-il substituer sa présence physique à une présence numérique et distante ? Pour le moment, le jour où les patients pourront se passer de visites en laboratoire semble bien lointain. Pour autant, cette question mérite d’être posée compte tenu de la rapidité des progrès techniques engagés dans ce secteur.

La satisfaction des patients passe par la relation humaine avec leur audioprothésiste. Les visites en laboratoire permettent des échanges qui aideront le porteur à dédramatiser son handicap puis à l’encourager dans cette démarche difficile. L’écoute et le conseil sont déterminants pour assurer la réussite de l’appareillage. On imagine facilement qu’une solution déportée risque de détériorer cette relation. Sans renier l’évolution des nouvelles technologies, nous maintenons que s’appareiller est et restera un acte médical, et que l’innovation doit donc être contrôlée pour pouvoir être bénéfiques aux patients.

La profession devra également surveiller que ces technologies n’aboutissent pas à une marginalisation progressive du rôle de l’audioprothésiste diplômé. Chez Unisson, nous redoutons qu’elles ne s’inscrivent dans la tendance actuelle : la vente des assistantes d’écoute en pharmacie, la loi sur les prothèses OTC (« over the counter » littéralement « au-dessus du comptoir ») aux Etats-Unis qui permet l’appareillage des surdités moyennes (<70%) sans passer par le circuit médical ORL-audioprothésiste, la vente directe d’appareils sur internet etc. Nous sommes par ailleurs convaincus que ce sont les prix excessifs des appareils auditifs qui sont la source de ces abus et de ces dérives, raison pour laquelle nous cherchons à les diminuer tout en préservant ce qui nous distingue des solutions « sans-diplôme » : notre expertise et notre service.

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